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Habitats naturels et flore associée

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Une diversité
d’habitats et d’espèces floristiques remarquable

Une géodiversité qui offre une variété de paysages végétaux

Les habitats naturels y constituent donc une mosaïque très riche, s’étageant des milieux littoraux et halophiles au subalpin, sur différents substrats, pentes, expositions et différentes conditions climatiques. Il s’agira donc dans cette partie de faire une description synthétique, et forcément simplificatrice, d’une situation particulièrement complexe concernant les habitats naturels présents dans ces territoires.

 

Des plantes de diverses origines biogéographique

En ce qui concerne la flore, la diversité de l’origine biogéographique des plantes inventoriées dans les réserves naturelles catalanes est remarquable. On y trouve, certes, des taxons cosmopolites, mais aussi holarctiques, eurasiatiques et européens. On y rencontre surtout à la fois des éléments méditerranéens (situés dans les réserves littorales ou dans les parties basses et soulanes des réserves de montagne) et des espèces arctico-alpines et circumboréales ! Parmi les orophytes, on trouve une grande partie des taxons rares et originaux des réserves naturelles catalanes, notamment des endémismes des massifs Alpes-Pyrénées et des endémismes pyrénéens stricts.

Les éboulis et les escarpements rocheux

CORINE 61 et 62

Les eaux de surface
CORINE 22 et 24
et les écoulements souterrains

Les sources

CORINE 54.1

Les zones humides dont les tourbières

CORINE 37, 54.4, 51

Les habitats forestiers

CORINE 41 à 44

Les landes et les fourrés et les écoulements souterrains

CORINE 31 et 32

Les pelouses

CORINE 34 au 38 – hors 37 traités dans les milieux humides

Les milieux dunaires et littoraux

Les éboulis et les escarpements rocheux
CORINE 61 et 62

Pour de nombreuses raisons liées au contexte biogéographique, à l’exposition, à l’amplitude altitudinale mais surtout en raison de leur complexité géologique, les réserves naturelles catalanes offrent une grande diversité de milieux rocheux.

 

La plupart, notamment ceux de nature calcaires (réserves de Conat, Nohèdes, Jujols, et Eyne partiellement), sont très originaux pour le territoire français et abritent de nombreuses espèces patrimoniales.

 

Éboulis et escarpements rocheux sont omniprésents et constituent des habitats favorables et diversifiés pour la faune rupestre (grands rapaces ou chiroptères). Ces milieux hébergent également une flore très originale, adaptée aux conditions écologiques contraignantes qui y règnent. Les affleurements calcaires du mont Coronat accueillent de nombreuses plantes endémiques, dont une rareté exceptionnelle, l’Alysson des Pyrénées – Hormathophylla pyrenaica – qui est, à ce jour, une espèce endémique stricte des falaises calcaires nohèdoises !

Éboulis et escarpements rocheux sont omniprésents et constituent des habitats favorables et diversifiés pour la faune rupestre (grands rapaces ou chiroptères). Ces milieux hébergent également une flore très originale, adaptée aux conditions écologiques contraignantes qui y règnent. Les affleurements calcaires du mont Coronat accueillent de nombreuses plantes endémiques, dont une rareté exceptionnelle, l’Alysson des Pyrénées – Hormathophylla pyrenaica – qui est, à ce jour, une espèce endémique stricte des falaises calcaires nohèdoises !

La corbeille d’argent des Pyrénées

Hormathophylla pyrenaica – Espèce protégée en France

Notre responsabilité vis à vis de la corbeille d’argent des Pyrénées est totale ! Mis en place en 2011 après un important effort d’inventaire ayant révélé sa présence dans une vingtaine de falaises du mont Coronat, le suivi local de cette espèce est très approfondi et nous révèle la sensibilité du taxon aux variations climatiques.

Mais les réserves naturelles catalanes abritent d’autres plantes peu communes par leur caractère endémique au massif des Pyrénées, voire de la partie orientale de celui-ci. Par exemple, l’emblématique Persil des Isards présent dans les réserves de Mantet et de la vallée d’Eyne, mais aussi la Dauphinelle des montagnes, présente dans les réserves de Nohèdes et de la vallée d’Eyne. Les réserves naturelles catalanes abritent d’autres espèces peu communes parce qu’elles se trouvent ici en limite de leur aire de répartition. C’est le cas de la très rare Orchis de Spizel, seulement connue des Pyrénées dans deux localités, dont l’une d’entre elles se trouve dans la réserve de Nohèdes.

Le persil d’Isard

Xatartia scabra – Espèce protégée en France

Il s’agit-là d’une espèce emblématique, endémique est-pyrénéenne ! Présente entre 1800 et 2800 m d’altitude dans des éboulis de nature variable (gneiss, schiste ou calcaire) qu’ils soient mobiles ou stabilisés, elle est actuellement connue des réserves de Mantet (où elle est suivie depuis plusieurs décennies) et de la haute vallée d’Eyne.

La Dauphinelle des montagnes

Delphinium montanum – Espèce protégée en France

La Dauphinelle des montagnes est une espèce endémique de l’est des Pyrénées, dont on ne connaît actuellement qu’une douzaine de stations. Eyne et Nohèdes sont les deux seules réserves naturelles de France la protégeant !

Les eaux de surface – CORINE 22 et 24 – et les écoulements souterrains

Les eaux stagnantes de surface sont assez peu étudiées et peu représentées dans les réserves naturelles catalanes. Seulement les lacs de Nohèdes font honneur à ce type de milieux. En effet, deux lacs glaciaires situés dans la haute vallée (Gorg Estelat et Gorg Blau), une retenue d’eau artificielle (Estany del Clot) et une petite mare temporaire située à côté de l’Estany del Clot jalonnent la réserve ça et là.

 

Assez pauvres en espèces floristiques, ces sites présentent toutefois un fort intérêt hydrologique et faunistique (stockage d’eau, sites de reproduction pour les amphibiens et les odonates). Par contre, les ruisselets et rivières sont nombreux et variés. Ils abritent une végétation restreinte, composée essentiellement de mousses et lichens résistant à la force du courant et constituent l’habitat d’espèces faunistiques de très grande valeur patrimoniale comme le Desman des Pyrénées, le Campagnol amphibie ou le Calotriton des Pyrénées.

L’original réseau hydrique souterrain du mont Coronat reste assez méconnu. Toutefois, son étude, initiée il y a une dizaine d’années, révèle régulièrement de nouveaux éléments, permettant de mieux appréhender le fonctionnement complexe de ce réseau et réévaluant la ressource hydrologique contenue dans le karst de ce massif particulier.

Les sources
CORINE 54.1

Plusieurs études d’inventaire et de caractérisation des milieux fontinaux ont été menées dans les réserves naturelles de Nohèdes, Jujols, Eyne, Py et Mantet. Encore nombreuses, certaines d’entre elles se perdent faute d’entretien ou par le piétinement du bétail. Or ces milieux fragiles
abritent une biodiversité intéressante et leur rôle fonctionnel est incontestable. Leur maintien est un enjeu de conservation fondamental pour les réserves naturelles catalanes.

 

Bien qu’occupant toujours de très faibles surfaces, elles sont typologiquement très variées. On distingue :

  • les sources permanentes sur le calcaire du mont Coronat, peu nombreuses et de faible débit. Parmi elles se trouvent toutefois plusieurs sources d’intérêt majeur : au moins partiellement pétrifiantes (Cratoneurion) à Nohèdes, Jujols, Conat, constituant un habitat d’intérêt prioritaire pour l’Europe.
  • les sources d’eau douce à bryophytes ou à cardamines, nombreuses dans les hautes vallées acides et typiques des eaux pauvres en calcaire. Elles sont très bien représentées dans les réserves de Py, Mantet, Prats-de-Mollo, Nyer, Eyne et La Massane.

Les zones humides dont les tourbières
CORINE 37, 54.4, 51

Le massif du Madres est particulièrement favorable à la formation de zones humides. Sa structure en dôme, ses faibles pentes et les nombreux replats glaciaires colmatés favorisent en effet l’existence de nombreuses zones tourbeuses et marécageuses.

 

Dans les réserves naturelles de ce massif, mais aussi dans celle du Canigou, ont été répertoriées plus d’une centaine de zones humides. Souvent de petite taille (de quelques m2 à 1 ha), elles sont généralement composées d’un ensemble d’habitats tourbeux et para-tourbeux interdépendants qui forment des mosaïques souvent complexes. Il s’agit là de milieux naturels remarquables pour l’originalité de leur biodiversité. Citons le très rare Salix lapponum, plante relictuelle glaciaire de l’est des Pyrénées présent dans les réserves de Py, Mantet et Nohèdes.

La diversité végétale y est remarquable. L’excès permanent d’eau confére des caractéristiques suffisamment particulières et contraignantes pour que les communautés floristiques qui les peuplent soient hautement spécifiques de ces habitats. Les plantes insectivores, comme Drosera rotundifolia présente à Py et à Nohèdes, en sont un bel exemple. 

 

On distingue notamment :

  • les bas-marais acides : fréquemment rencontrés à l’étage subalpin, ce sont les bas-marais pyrénéens à laîche noire – Carex nigra – qui dominent ce type de communautés ;
  • les tapis et buttes à sphaignes Sphagnum sp. – rares et présents sous forme très fragmentaire sur le territoire, ces habitats constituent différents habitats d’intérêt prioritaire à l’échelle européenne ;
  • les tourbières à Molinie bleue – Molinia caerulea.

Il est à noter que malgré des superficies relativement faibles et une grande dispersion dans l’espace montagnard, ces milieux patrimoniaux jouent un rôle fonctionnel très important dans la régulation de la ressource en eau à l’échelle des bassins versants.

Le petit botryche

Botrychium simplex – Espèce protégée en France

les habitats forestiers
CORINE 41 à 44

Les chênaies vertes, puis pubescentes jusqu’aux pineraies à crochets subalpines, la diversité en habitats forestiers est particulièrement remarquable dans les réserves naturelles catalanes. Ces forêts sont en cours de maturation, favorisant ainsi la présence d’espèces singulières, dont certaines présentent un intérêt patrimonial notable : chiroptères forestiers, rapaces nocturnes, grands tétras, picidés, cortèges saproxyliques (mousses, lichens, insectes, etc.).

 

En complément à la cartographie des habitats forestiers, une méthodologie d’évaluation de la naturalité de ces forêts a été mise en place en 2009 (protocole PSDRF). Elle a permis de mieux décrire les écosystèmes forestiers en termes de diversité, de structure, de maturité, de dynamique ou encore d’empreinte humaine.

Sur les massifs montagneux, méritent notre attention :

  • des forêts de feuillus originales, principalement composées d’érables, dans les ravins encaissés du mont Coronat ;
  • des hêtraies (certaines hêtraies-sapinières) en versant nord du mont Coronat ou encore sur le massif du Canigou, difficiles à caractériser d’un point de vue typologique mais dont certaines, sur calcaire, présentent un intérêt patrimonial important (habitats d’intérêt communautaire), sans en oublier l’exceptionnelle hêtraie relictuelle située dans la réserve de la forêt de la Massane ;
  • les forêts de pins à crochets, à faciès plus ou moins thermophiles et patrimoniaux sur calcaire, pouvant occuper des surfaces importantes dans les hauteurs de ces espaces naturels protégés ;
  • les forêts à pins sylvestres, constituant souvent des forêts de transition préparant le retour d’essences climaciques (chêne vert, chêne pubescent ou hêtre selon la station) suite à une perturbation (exploitation forestière, incendie, glissement de terrain, etc.). Sur les zones rocheuses, les pineraies peuvent se révéler beaucoup plus stables.

Le Botryche à feuilles de matricaire

Botrychium matricariifolium – Espèce protégée en France

Espèce à large répartition boréo-montagnarde dont la limite méridionale se situe dans les Pyrénées (majoritairement à l’Est) et le massif du Montseny. Dans les Pyrénées, on trouve le Botryche à feuilles de matricaire dans très peu de stations, principalement en montagne entre 1000 et 1500 m d’altitude dans les boisements mixtes à dominante de frêne, Fraxinus excelsior. Il affectionne les températures moyennes à fraîches et un climat tempéré, et n’est actuellement connu que de la réserve de Nohèdes !

Notons que les seules stations connues en France de Bugrane d’Aragon – Ononis aragonensis – prospèrent dans des boisements clairs de pins sylvestres de les réserves naturelles de Conat et de Nohèdes. En limite d’aire de répartition dans les Pyrénées, le très joli Maianthème à deux feuilles est également abrité dans quelques pinèdes et hêtraies des massifs du Coronat (Nohèdes) et du Canigou (Py, Mantet).

Les landes et les fourrés
CORINE 31 et 32

Les landes et les fourrés sont très présents dans les réserves naturelles catalanes, et de nature très variée. Ils occupent, dans les dynamiques de la végétation, une place intermédiaire entre les milieux boisés et les milieux herbeux.

 

Dans les secteurs les plus bas et dans des conditions d’ensoleillement important, les landes ne sont que très peu représentées ; à peine quelques secteurs où sont présents les cistes et les «épineux», ainsi que les non dépourvus vus d’intérêt scientifique «Matorral arborescent à Juniperus phoenicea» et les très rares landes à Genêt cendré des Ausétans – Genista ausetana.

 

Plus haut, par exemple sur le mont Coronat, quelques landes à Raisin d’ours – Arctostaphylos uva-ursi – semblent en dynamique étroite avec les pineraies calcicoles, et sont peut-être le fruit des déforestations passées. En tous cas, leur caractérisation est difficile et des études phytosociologiques complémentaires serait souhaitables.

À l’inverse, sur les substrats acides, les landes sont omniprésentes de l’étage montagnard au subalpin et ce, dans l’ensemble des réserves naturelles catalanes montagnardes. Les fourrés de noisetiers sont bien représentés eux-aussi, en dessous de 1 500 m d’altitude : il s’agit d’habitats de transition qui colonisent les espaces en voie de colonisation forestière (anciennes feixes notamment).

 

Sur les soulanes ou dans de bonnes conditions d’ensoleillement général, les landes à Genêt purgatif – Cytisus oromediterraneus – occupent à elles seules près de 10 % du territoire classé en réserve naturelle. En dynamique progressive et ponctuées localement par les landes à Fougère aigle – Pteridium aquilinum , ces landes dites « thermiques » se distinguent aisément de celles évoluant en conditions fraîches, sur les versants nord, les couloirs ombragés et certaines lignes de crête :

  • landes à Rhododendron – Rhododendron ferrugineum, généralement installées en ubac à l’étage subalpin ;
  • landes naines à Azalée – Loiseleuria procumbens – ou encore à différents Vaccinium, formant des végétations denses et prostrées, généralement dominées donc par les éricacées et se rencontrant, notamment, dans le haut de l’étage subalpin.

pelouses
CORINE 34 au 38
Hors 37 traités dans les milieux humides

Les pelouses sont la plupart du temps difficiles à cartographier du fait de leur complexité typologique (forte variabilité écologique) mais aussi d’un niveau d’imbrication important.
Soumises à de rudes conditions climatiques (températures hivernales, enneigement, vent desséchant et érosif), les pelouses subalpines occupent de larges surfaces aux plus hautes altitudes des réserves naturelles catalanes de montagne.

Elles recouvrent les versants et les fonds des cirques, les plas d’altitude et les crêtes jusqu’au sommet. Il s’agit de :

  • tapis prairiaux mésophiles à hygrophiles à Nard raide (Nardus stricta, nardaies d’intérêt communautaire, majoritairement installées sur les replats et fonds de cirques).
  • pelouses à Festuca paniculata sur les mi-versants ensoleillés ;
  • pelouses à Festuca eskia, propres de l’Est des Pyrénées (en gradin sur les versants pentus et ensoleillés (et jusqu’en crête) ou encore sous la forme fermée, plus mésophile ;
  • moins abondantes et caractéristiques des sommets, les pelouses climaciques à Carex ericetorum et à Fétuque faux-aira (Festuca airoides) semblent clairement fragilisés par les phénomènes de gélifraction et le pâturage trop intense ; pourtant elles constituent le fond des pâtures d’altitude oriento-pyrénéens ;

En de moindres proportions, on rencontre à l’étage montagnard différents faciès de pelouses mésophiles. Potentiellement très intéressantes du point de vue de la biodiversité, elles présentent quelques fois un état de conservation dégradé. Anciennes prairies de fauche devenues des prairies exclusivement pâturées, types de mésobromion pyrénéo-catalan, pelouses à Agrostide ténue. L’abandon de l’entretien pastoral traditionnel a été suivi, suivant les secteurs, d’un pâturage excessif, ou à l’inverse, d’un envahissement progressif par les ligneux.
Pourtant, à cette altitude, ces milieux potentiellement les plus productifs en fourrage constituent aujourd’hui des espaces stratégiques en termes de gestion présente et à venir, tant sur le plan pastoral qu’environnemental.

Les milieux dunaires et littoraux