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Action, le Calotriton des Pyrénées

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Euprocte femelle © Robin Letscher

Une espèce endémique des Pyrénées

Le Calotriton ou Euprocte des Pyrénées (Calotriton asper) est un amphibien endémique du massif pyrénéen et de son piémont.

 

Le premier signalement de l’espèce dans les Pyrénées-Orientales est étonnamment tardif, puisqu’il date du début des années 1960 par Combes & Knoepffler (1963) qui, à très basse altitude (« inférieure à 250 mètres » selon eux, plus probablement proche de 400 mètres selon l’IGN et leurs indications), ont découvert une population dans la petite vallée du Mondony, au sud d’Amélie-les-Bains. Il faudra attendre le début du XIXième siècle pour que la pression d’observation entraîne la découverte d’un grand nombre de station de présence dans le département.

Mieux connaître pour mieux protéger

Depuis 2011, le Calotriton fait l’objet d’un projet porté par la Fédération des réserves naturelles catalanes en partenariat avec l’Office National des Forêts. L’objectif initial était une meilleure connaissance de la répartition de l’espèce pour, entre autres, une meilleure prise en compte lors des travaux forestiers et des projets d’alevinage des cours d’eau.

 

Grâce à l’effort de prospection mis en place dans le département, la mutualisation des compétences et des données avec la Fédération Aude Claire, le Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes, le Groupe Ornithologique de Roussillon, l’association Charles Flahault, le Syndicat du Tech ou encore Cerca Nature, la carte de répartition de l’espèce dans les Pyrénées-Orientales a été largement complétée (une trentaine de stations de présence en 2011 contre 61 en 2018).

 

Dans les réserves naturelles catalanes, seules les réserves de Nohèdes et de Prats-de-Mollo comptent ce discret amphibien parmi leurs habitants. L’espèce est néanmoins présente à proximité des réserves de Jujols, Py et Conat. Lors des prospections, les agents des réserves relèvent différents paramètres comme des paramètres physico-chimiques (température, pH, conductivité), des descriptifs du milieu naturel (couvert forestier, substrat rocheux…), les conditions météorologiques ou encore la présence d’autres espèces dans le cours d’eau. Les prospections ont lieu la nuit car le Calotriton des Pyrénées est une espèce lucifuge, qui va avoir tendance à se cacher sous les litières de feuilles mortes ou les pierres pendant la journée. Ainsi la détectabilité de l’animal s’en trouve améliorée. Malgré tous les efforts de prospections, il est parfois nécessaire de multiplier les passages avant d’espérer contacter le Calotriton des Pyrénées.

 

Afin d’améliorer l’état de conservation de cette espèce, la Fédération des réserves naturelles catalanes assure la coordination d’un projet financé par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse entre 2020 et 2022. Les principaux objectifs sont de réaliser une synthèse des connaissances, d’établir la cartographie la plus exhaustive possible de la présence de l’espèce en réalisant des prospections sur le territoire mais aussi de faire découvrir cet amphibien méconnu au grand public grâce à des animations et des projets pédagogiques. 

 

Expérimentation d’un nouveau protocole de suivi

Et pour essayer d’en apprendre davantage sur cette espèce et son utilisation du milieu, la réserve naturelle de Nohèdes commence en 2021 l’expérimentation d’un nouveau protocole de suivi. En se basant sur le travail de Manon Dalibard (Ecolab, Toulouse), cette méthode s’appuie sur le fait que les calotritons possèdent un patron ventral coloré et unique à chaque individu. Ainsi en individualisant chaque amphibien trouvé dans un cours d’eau donné, grâce aux motifs colorés de son ventre, il est possible en suivant régulièrement le cours d’eau de pouvoir faire la différence entre un calotriton déjà contacté et un individu encore jamais croisé. Grâce à l’identification visuelle, une première approche de l’estimation de la population nohédoise va donc être expérimentée. Au bout de plusieurs passages, ce protocole pourrait nous permettre de savoir si les dizaines d’individus que nous observons lors de nos suivis depuis plus de 10 ans sont toujours les mêmes ou bien si les entrailles du Coronat abritent ces discrets amphibiens.

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