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Calotriton des Pyrénées

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calotriton des pyrénées © Jeremy Beaumes

© RN Nohèdes

Euprocte femelle © Robin Letscher

© Robin Letscher

calotriton des pyrénées © Maria Martin

© Maria Martin

Caractéristiques

Le Calotriton des Pyrénées (Calotriton asper) est un amphibien endémique du massif pyrénéen et de son piémont qui appartient à la famille des Salamandridae. Cette espèce est caractérisée par un épiderme singulier, ponctué de micro-verrues coniques à pointe noirâtre (à l’origine de son nom d’espèce « asper » pour aspérités) et par des pseudo-griffes calleuses (à l’origine du nom de son genre « Calotriton »). Les pattes postérieures comportent cinq doigts alors que les pattes antérieures en comptent quatre.

 

Après un passage par le stade larvaire, les adultes peuvent atteindre jusqu’à une quinzaine de centimètres (queue comprise). La coloration, quant à elle, est variable en fonction du stade phénologique mais également en fonction de la localisation. Communément, il arbore une robe grise à l’état larvaire qui va évoluer vers le jaune ou le brun pour les adultes. Aussi, une belle ligne jaune va apparaître chez les individus juvéniles puis se dissiper progressivement au fil du temps. Le ventre et le dessous de la queue sont beaucoup plus spectaculaires ! Ils présentent une coloration rouge vif ponctuée de petites taches noires formant un patron ventral, à priori unique à chaque individu.

 

Écologie

Le Calotriton des Pyrénées se nourrit essentiellement d’insectes aquatiques et de leurs larves. Parmi les arthropodes consommés on peut noter les éphéméroptères, plécoptères, diptères et trichoptères. Il peut aussi se nourrir de larves de Salamandre tachetée lorsque cette espèce est présente dans le milieu.

 

Ces jolis tritons pyrénéen affectionnent les eaux fraîches et oxygénées des zones montagneuses et exploitent un gradient altitudinal entre 110 mètres et 2 340 mètres d’altitude. A noter que les populations de basse altitude sont très majoritairement épigées mais quelques-unes appartiennent au milieu hypogé, intimement lié au réseau hydrographique souterrain de divers massifs karstiques.

 

Aire de répartition

Dans les Pyrénées-Orientales, 60 stations abritant l’espèce ont été découvertes durant les trente dernières années. Dans les réserves naturelles catalanes, seules les réserves de Nohèdes et de Prats-de-Mollo comptent ce discret amphibien parmi leurs habitants. L’espèce est néanmoins présente à proximité des réserves de Conat, Jujols et Py.

 

Vulnérabilité

L’endémisme de cette espèce et son utilisation de l’espace montagnard lui offre un refuge face aux changements climatiques tant que ceux-ci restent modérés. Cependant, cet amphibien sténotherme d’eau froide est sensible aux variations de la température de l’eau. Et sa capacité de dispersion ne semble pas suffisante pour coloniser des milieux plus frais dans le pas de temps qu’impose le réchauffement climatique. Les prédictions des scientifiques convergent vers une contraction et une réduction de l’aire de répartition de Calotriton asper d’ici la fin du siècle.

 

D’autres menaces pèsent également sur cet amphibien. La généralisation de l’empoissonnement des lacs à partir de 1930 par exemple, mais également la construction d’ouvrages comme les centrales hydroélectriques ou les stations de ski, le développement et la mécanisation des pratiques agricoles et sylvicoles ou encore l’utilisation de produits chimiques comme les pesticides ou les engrais de synthèse. Les activités de pleine nature comme le canyoning ou le « ruisseling » peuvent également avoir un impact sur l’habitat du Calotriton. La spéléologie n’est également pas exempt impact sur les populations cavernicoles. Le plus fréquemment, l’espèce est impactée par une dégradation de son habitat, lors des phases de travaux de projets à proximité du cours d’eau. Le risque de mortalité voir de dommages irréversibles au milieu est accentué par un franchissement du cours d’eau répété par des engins, le déversement de produits toxiques ou encore le colmatage causé par un apport de matériaux dans la rivière.

 

Statut de protection

L’amélioration progressive des connaissances au cours des trente dernières années a permis de mieux cerner le statut conservatoire de Calotriton asper. Cette espèce longtemps considérée comme peu menacée s’est révélée en déclin dans les trois domaines biogéographiques étudiés (domaines atlantique, alpin et méditerranéen) par l’INPN (Inventaire national du patrimoine naturel), le MNHN (Muséum national d’Histoire naturelle) et la SHF (Société Herpétologique de France). L’espèce a d’ailleurs vu son classement dans la dernière Liste Rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) France passé de « Quasi-menacé » à « Vulnérable ». Cette réévaluation fait du Calotriton des Pyrénées une « espèce menacée de disparition » selon les critères de l’UICN.

 

Cet amphibien est protégé par la loi française (arrêté du 19 novembre 2007 qui interdit destruction, collecte, détention en captivité et transport entre autres) mais aussi par la convention de Berne (annexe 2, 19/09/1979, 01/06/1982). L’espèce est inscrite à l’annexe 4 de la directive européenne « Habitat-Faune-Flore » mais pas encore à l’annexe 2, ce qui lui conférerait une protection plus stricte.
Les enjeux de conservation autour de ce triton pyrénéen sont très forts. La difficulté à détecter l’espèce dans son habitat est un vrai défi pour les agents des réserves naturelles catalanes qui œuvrent pour sa préservation et sa prise en compte.

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